Accueil > Dossiers >– Les personnels au travail au sein des différentes usines – 2ème partie les usines d’après 1900

– Les personnels au travail au sein des différentes usines – 2ème partie les usines d’après 1900

Publié le 13 février 2018

Le Centre d’archives de Terre Blanche a publié entre janvier 2017 et janvier 2018 sur les réseaux sociaux des articles sur le thème du personnel au travail au sein de différentes usines qui font ou ont fait l’histoire du Groupe PSA.

Après un premier dossier publié en septembre 2017 sur les usines dont la construction date d’avant 1900, voici la suite et fin avec une synthèse concernant les usines construites après 1900.

1/ Usine de Sochaux (1912)

Robert Peugeot crée l’usine de Sochaux en 1912 avec une superficie de bâtiments de plus de 21 000 m² et un effectif de 400 personnes employées à la fabrication de ponts arrière et roues de pont.

Usine de Sochaux

Usine de Sochaux, atelier de fabrication des camions type 501 vers 1912 ou 1913 – Emile BARBIER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La période 1914-1918 est presque entièrement consacrée aux productions de camions pour l’armée française, Sochaux devenant le troisième fournisseur national avec un effectif de 1850 ouvriers en 1918. Dès 1914 est mis en place un service de ravitaillement pour le personnel pour mettre à disposition des produits de qualité aux prix les plus bas. Le Type 156 est la première voiture à être produite à Sochaux de 1921 à 1923. De 1925 à 1929, un plan de rationalisation et l’adoption de moyens de production de masse permettent de lancer le 1er modèle de grande série : la 201, fabriquée de 1929 à 1937.

Usine de Sochaux

Usine de Sochaux, ligne de lustrage des peintures de 201 – 1930

Dès 1926 sont construites des cités ouvrières et en 1930 est ouverte l’école d’apprentissage. Entre 1932 et 1938 sont lancées respectivement les 301, 401, 601, 402, 302 et 202.

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’usine emploie 12 500 ouvriers et produit annuellement 48 000 voitures mais ces efforts sont arrêtés pendant le conflit dont l’usine subit les conséquences : occupation, bombardement et pillage. Trois années sont nécessaires à la reconstruction et relance de la production, marquées par le lancement de la 203 en 1948 fabriquée à près de 700 000 exemplaires.

Usine de Sochaux

Reprise d’activité aux usines de Sochaux, secteur emboutissage petites presses côté sud – 1946

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Usine de Sochaux

Usine de Sochaux, chaîne de finition de la 203 – 1952

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1951 la production est de 300 véhicules jour et la 1 000 000ème voiture sort de Sochaux. De 1955 à 1969 sont lancées respectivement les 403, 404, 204, 504 et 304. Pour la 1ère fois en 1970 l’usine produit plus de 500 000 voitures dans l’année et plus de 10 000 personnes sont logées par l’entreprise.

Usine de Sochaux

Usine de Sochaux, atelier de tôlerie – 1966

 

Entre 1975 et 1989 sont fabriquées les 604, 305, 505, 205, 405 et 605. En 1979 Sochaux compte un nombre de salariés record avec plus de 39 000 personnes qui redescendra à 23 000 en 1989.

Usine de Sochaux

Usine de Sochaux, chaîne de montage – années 1990

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le site de Sochaux s’étend aujourd’hui sur 210 hectares, emploie 9000 salariés dans les domaines de production, développement et expérimentation, et atteint un rythme de fabrication de 1890 véhicules jour. Il fait l’objet d’un grand plan de modernisation, le projet « Sochaux 2022 », visant à en faire une usine de référence.

 

2/ Usine du quai de Javel (1915 – 1974)

La construction des usines André Citroën du quai de Javel, dans le XVème arrondissement de Paris débute en mars 1915 sur 12 hectares de terrains industriels et maraîchers.
Elles sont aménagées dans un quartier qui regroupe déjà toutes les activités industrielles d’André Citroën : la Société des Engrenages Citroën (quai de Grenelle) qu’il fonde en 1901 et les usines des Automobiles Mors (rue du Théâtre) qu’il dirige depuis 1906. Les premiers ateliers sont construits en 2 mois, et la production commence dès l’été 1915 par la fabrication exclusive d’obus à balles de 75 mm de type shrapnel.

Usine du quai de Javel

Usine du quai de Javel – Atelier d’assemblage des obus de 75 mm – 1915

André Citroën y applique de nouvelles méthodes de travail inspirées de modèles américains. Les usines passent de 5 000 pièces par jour en 1915 à 40 000 pièces en 1918. Avec 26 millions d’obus produits en série pour l’armée française et les forces alliées, Javel est la plus importante usine de munitions française de la Première Guerre mondiale. Elle emploie de nombreuses femmes, près d’un poste sur deux en moyenne, certains ateliers étant féminisés à plus de 80 %. Cette première usine à la chaîne est une véritable vitrine sociale avec ses crèches, pouponnières, infirmerie, cabinet dentaire, restaurants, club des employés et coopératives.

En 1919, l’usine d’armement est reconvertie en un site de construction automobile. Les méthodes de production inspirées du fordisme permettent à André Citroën de fabriquer en grande série des véhicules économiques et robustes. De 30 voitures par jour en 1919, la cadence passe à 1 millier en 1929. En juin 1919, sort la Type A, première voiture en date dans la production Citroën.

Usine du quai de Javel

Usine du quai de Javel – Fabrication de la Type A – 1920

 

En 1923, est inauguré à Javel, qui compte 11 000 ouvriers, le premier convoyeur de 49 mètres de long produisant 100 voitures par jour. A partir de 1927, des visites d’usine sont organisées pour le public. En 1928, Javel emploie 30 000 personnes, dont 6000 femmes. En 1933, André Citroën décide de démolir les usines de Javel pour reconstruire entièrement les ateliers en 5 mois. La production continue pendant les travaux, à hauteur de 360 véhicules par jour.

Usine du quai de Javel

Usine du quai de Javel – Chaîne de finition de la Traction – 1934

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bombardées durant la Seconde Guerre mondiale, les usines connaissent une nette baisse de production. L’usine de Javel, remplacée par celle d’Aulnay-sous-Bois, ferme en 1974, mais abrite encore le siège social de la société jusqu’en 1982. De 1919 à 1974, 3 227 105 véhicules, de la type A à la DS, y ont été fabriqués

Usine du quai de Javel

Usine du quai de Javel – Farication de la DS 19 – 1957

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Usine du quai de Javel

Usine du quai de Javel – Fabrication du Type H – 1974

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rachetés par l’Etat, les terrains industriels ont laissé place à un complexe immobilier et à la création d’un parc.

 

3/ Usine de Levallois (1922 – 1988)

C’est en 1922 que l’usine de Levallois, en banlieue parisienne, entre en activité. Les bâtiments sont loués aux Automobiles Clément Bayard pour y fabriquer la Torpédo 5 CV Trèfle et les autochenilles des célèbres croisières Citroën.

Racheté par Citroën en 1929, le bâtiment se consacre également à l’usinage des pièces détachées, des accessoires de carrosserie et des roulements à bille.

Usine de Levallois

Usine de Levallois – quai Michelet, verrière circulaire – années 1920

De septembre 1931 à fin 1932, y est construit le premier autobus de la marque avec 22 places

Usine de Levallois

Usine de Levallois – Autocars C6 : les premières lignes de transport CITROËN – 1932

Tous les poids-lourds de la marque seront produits ici jusqu’à l’alliance avec Berliet en 1965 et la délocalisation de la production à Vénissieux, en 1967. La mise en place de postes individuels pour le montage des moteurs dès 1947, marque les premières expériences d’enrichissement des tâches en vue d’améliorer les méthodes de travail. A partir de 1948, et pendant quarante ans, le site devient le royaume de la 2 CV, c’est la seule usine où l’on trouve à la fois un secteur carrosserie et mécanique important.

Usine de Levallois

Usine de Levallois – Chaîne des balancelles – 1954

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Usine de Levallois

Usine de Levallois – Acheminement des carrosseries de 2CV nues vers les bains de traitement anti-corrosin – 1958

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Usine de Levallois

Usine de Levallois – montage des moteurs 2CV en 1981

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Usine de Levallois

Usine de Levallois – Dernière 2CV produite en 1988 – Georges Guyot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1988, le transfert de la totalité de la production de la 2CV à Mangualde au Portugal marque la fermeture du site de Levallois.

 

4/ Usine de Poissy (1938)

 Une usine est créée en 1938 à Poissy sous l’impulsion d’Henry Ford. Bombardée à deux reprises entre 1942 et 1944, elle contribue à l’effort de guerre en produisant des camions et moteurs d’avion.

Usine de Poissy

Usine de Poissy – Chaîne de fabrication Ford – années 1940

Usine de Poissy

Usine de Poissy – Apprentis en atelier – 1947

 

Les ventes de véhicules après-guerre n’étant pas assez rentables, Ford cède l’usine à Simca en 1954. Des années Ford naissent de célèbres véhicules comme les Matford, Ford Vedette et Comète. Dès 1955 Simca entreprend de vastes travaux pour créer le « grand Poissy » inauguré en 1958, et dote l’usine, informatisée dès 1959 et fabriquant 1000 véhicules/jour, des technologies les plus modernes.

Usine de Poissy

Usine de Poissy – Sortie du personnel – années 1950

 

L’Ariane, la Vedette et l’Aronde nouvelle génération « P60 » y sont fabriquées. La fameuse Simca 1000 est lancée en 1961 avec un succès immédiat, et fabriquée pendant près de 20 ans.

Usine de Poissy

Usine de Poissy – 1 000 000 ème Simca 1000 – 1970

Pour financer la construction du « grand Poissy » Simca a conclu un accord avec Chrysler, qui prend le contrôle en 1964 puis acquiert la totalité des parts de la société Simca en 1970. C’est à cette période que l’usine connaît ses plus hauts niveaux de fabrication, avec 22 000 salariés produisant quotidiennement près de 2000 voitures dans 417 000 m² d’ateliers. Conséquence du choc pétrolier, Chrysler Europe est racheté en 1978 par le Groupe PSA qui poursuit la production sous le nom de Talbot, marque acquise par Simca en 1958, et développe la Talbot Samba en 1981 pour répondre à la demande de voitures économiques.

Usine de Poissy

Usine de Poissy – Bureau des méthodes

Pour pallier à la baisse des ventes due à la crise, les premières Peugeot sortent des chaînes en 1983, et à partir de 1986 l’usine ne construit plus que des Peugeot avec les 104, 205 et 309.

Usine de Poissy

Usine de Poissy – Chaîne de montage de la 205 – années 1980

Poissy ne cessera de se moderniser pour devenir un pôle de compétences regroupant tous les métiers de l’automobile entre le site industriel, le pôle tertiaire, le centre technique de Carrières-sous-Poissy, la plateforme logistique Gefco et le centre de traitement informatique.

 

5/ Usine de Rennes La Janais (1960)

Inaugurée en 1960 par le général De Gaulle, l’usine de Rennes-La-Janais entre en activité en 1961 pour la fabrication de l’AMI 6. Implantée au cœur de la Bretagne, elle constitue, avec l’usine de Rennes La Barre Thomas construite en 1953, le premier site implanté en province.

Cet ensemble industriel reste encore aujourd’hui l’un des premiers employeurs privés de l’agglomération et atteindra jusqu’à 14 000 salariés dans les années 80.

Usine de Rennes La Janais

Usine de Rennes La Janais – Ligne de montage Ami 6 – 1962

 

 

 

Usine de Rennes La Janais

Bureaux à Rennes La Janais – 1965

 

 

 

 

 

 

Usine de Rennes La Janais

Cabines de peinture à Usine de Rennes La Janais – 1965

 

 

 

 

 

 

Première usine Citroën de carrosserie et de montage de voiture, elle est dès sa construction à la pointe de la modernisation en matière d’équipement et d’automatisation. L’année 1970 marque le lancement de la GS qui représentera le volume de production le plus important du site avec plus de 2 millions de véhicules.

Usine de Rennes La Janais

Usine de Rennes La Janais – Chaîne de finition GS – 1972

C’est dans cet établissement que sont constitués à partir de 1980, les premiers cercles de qualité. Ces groupes composés de 5 à 10 personnes s’attachent à maîtriser les problèmes en utilisant les techniques de contrôle de la qualité. En 1989, elle bénéficie de la mise en place de moyens industriels de dernière génération à l’occasion du lancement de la XM. De la Dyane à la 407, première voiture Peugeot construite à Rennes à partir de 2004, en passant par la BX et la Xsara : de nombreux modèles seront produits sur ce site.

Usine de Rennes La Janais

Usine de Rennes La Janais – Chaîne de finition Xsara – 1997 – Patrick Legros

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2017, l’usine est choisie pour assurer la production du nouveau SUV 5008 de la marque Peugeot.

 

6/ Usine de Mulhouse (1961)

En 1961 pour faire face à la saturation de l’usine de Sochaux est décidée la construction d’une nouvelle usine dont l’implantation sera à Mulhouse.

L’usine de mécanique est opérationnelle en 1962 pour la production de boîtes de vitesses des 403 et 404 avec un effectif de 580 salariés.

Usine de Mulhouse

Usine de Mulhouse – Chaîne de montage des boîtes de vitesses – 1964

A partir de 1963 le site est doté d’une fonderie d’aluminium sous pression, qui accueillera en 1977 la première machine avec automatisation complète.

En 1971 l’usine se transforme pour passer de fournisseur de pièces détachées au statut d’unité terminale.

C’est le 5 avril 1971 qu’est assemblé le premier véhicule complet, une 304. Mais c’est avec la 104 en septembre 1972 qu’a lieu le premier lancement véhicule produit entièrement sur le site.

Usine de Mulhouse

Usine de Mulhouse – Fonderie alu machine à couler sous pression de 500 T (1963 – 1973)

 

 

 

 

Usine de Mulhouse

Usine de Mulhouse – Ouvrier sur une machine à transfert – 13/07/1967

 

 

 

 

Usine de Mulhouse

Usine de Mulhouse – Usine de peinture – 1971

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1982 le Groupe investit pour l’automatisation des chaînes de production de la 205. L’effectif est de 13 000 salariés en 1987.

Usine de Mulhouse

Usine de Mulhouse – Usine de montage/carrosserie – automate de contrôle du montage des faisceaux éléctrique de la 205

 

 

Le site ne cesse de se moderniser avec en 1991 l’installation de la plus grosse presse à emboutir d’Europe. C’est aussi l’année du lancement de la 106 qui verra la production du premier modèle électrique en série.

La 206 lancée en 1998 reste le modèle le plus vendu avec 1,7 million d’exemplaires produits.

Usine de Mulhouse

Usine de Mulhouse – Préparation de la présentation de la 206 CC – 2000

En 2004 le site s’ouvre à la production multimarque avec la nouvelle Citroën C4 suivie de la 308 en 2007, le Crossover 2008 en 2013 et la DS4 en 2015. Toujours à la pointe des nouvelles technologies l’usine de mécanique est choisie en 2009 pour assembler le train arrière HYbrid 4 qui équipe le modèle 3008.

L’usine continue à être le premier employeur privé d’Alsace avec environ 7 800 collaborateurs.

Mulhouse est le seul site du Groupe PSA à regrouper une unité de fabrication de véhicules, de fabrication d’organes mécaniques de liaisons au sol, une fonderie aluminium sous pression et l’une des plus grandes forges d’Europe.

L’avenir du site s’écrit aujourd’hui autour du projet Mulhouse 2020.

 

7/ Usine d’Aulnay sous-bois (1973 – 2014)

Notre dernière publication sur le thème du personnel au travail concerne l’usine Citroën d’Aulnay-sous-Bois.

Située à seize kilomètres de Paris, cette dernière entre en activité en 1973. Elle est destinée à remplacer le site vieillissant du quai de Javel. Dès son inauguration, ses installations à la pointe de la technologie en font une des usines les plus modernes de son époque. A la fin des années 1970 l’effectif atteint son apogée avec 8 000 salariés. De 1973 à 1989 y seront produits des modèles emblématiques tels que la DS, le Type H et surtout la CX.

Usine d’Aulnay sous-bois

Prise de vues sortie de la 1ère voiture d’Aulnay le 16/04/1973 – Patrick Legros

Usine d’Aulnay sous-bois

Prise de vues assemblage mécanique Usine Citroën d’Aulnay – 1974 – Georges Guyot

Le site connaîtra en 1982 un important mouvement de grève qui perturbera la production pendant plusieurs semaines. En 1986 l’informatisation du suivi de la production et l’automatisation de la ligne de ferrage permettent encore d’améliorer les délais de production.

Usine d’Aulnay sous-bois

Usine d’Aulnay sous-bois – Les hommes dans l’usine – 1986 – Georges Guyot

 

En 1992, l’unité d’emboutissage entre en fonction et constitue le quatrième pôle d’unité de production avec le ferrage, la peinture et le montage.

Usine d’Aulnay sous-bois

Usine d’Aulnay sous-bois – 1999 – Suberville / Legros

Le six millionième véhicule sort des lignes en 2003. Un record est atteint en 2004 avec 418 832 véhicules (C2 et C3) produits par 5000 employés.

Usine d’Aulnay sous-bois

Industriel C3 Aulnay – 2002

En 2008, dans un contexte économique difficile, une des deux lignes de montage sera supprimée. La direction du Groupe prévoit dès 2012 l’arrêt de la production des C3 sur ce site qui fermera définitivement ses portes en 2014.

 

Rendez-vous très prochainement pour découvrir notre nouveau thème de l’année 2018.

Et, c’est aussi nouveau, chaque mois le sujet sera publié dans un dossier sur ce site et un relai sera effectué au travers des réseaux sociaux.