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– Les personnels au travail au sein des différentes usines – 1ère partie les usines d’avant 1900

Publié le 15 septembre 2017

Le Centre d’archives de Terre Blanche publie depuis janvier 2017 sur les réseaux sociaux des articles sur le thème du personnel au travail au sein de différentes usines qui font ou ont fait l’histoire du Groupe PSA.

Cette première partie vous présente une synthèse des articles concernant six usines dont la construction date d’avant 1900.

 1/ Usine de Valentigney (1825 – 1987)

L’usine de Valentigney est construite en 1825 par la société Peugeot Frères Aînés.

Usine de Valentigney

Usine de Valentigney, vue extérieure – Emile BARBIER

 

Dès l’origine cette usine est spécialisée dans la fabrication d’outillage (scies, rabots, outils à main d’artisan…) et dans le laminage à chaud de l’acier (ressorts d’horlogerie, lames de busc de corset, cages de crinoline…). En 1844 ce sont déjà 170 personnes qui travaillent sur le site.

A la fin du XIXème siècle les usines de Valentigney emploient 1 000 personnes et produisent par an 600 000 rabots, 530 000 scies, 500 tonnes d’aciers laminés et tréfilés, 540 000 ressorts d’horlogerie, 200 tonnes de ressorts et de buscs.

Usine de Valentigney

Usine de Valentigney – magasiniers de l’usine posant pour une photographie de groupe (1881)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1910 la réorganisation des usines de la Société Anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot implique un recentrage de la fabrication de l’outillage et de la quincaillerie sur l’usine de Valentigney avec le transfert, depuis l’usine de Beaulieu, des ateliers de laminage à froid et de nouvelles installations comme les ateliers de polissage.

Entre 1923 et 1938 le laminage d’acier fin permet la fabrication d’articles pour métiers à tisser, ressorts d’horlogerie et phonographe. En 1930 la production se diversifie avec la fabrication d’outils de jardin, lames de rasoir, couteaux à pain…

 

Usine de Valentigney

Usine de Valentigney – photographie de groupe, atelier petites scies (1946 – 1947)

Usine de Valentigney

Usine de Valentigney – Presse à profiler (1946 – 1949)

Usine de Valentigney

Usine de Valentigney – affiche publicitaire – 1935

 

Usine de Valentigney

Usine de Valentigney – salle d’exposition, panneaux publicitaires ‘magasins’ – 1965

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1966 le site qui compte environ 1 800 salariés est rattaché à la nouvelle société des Aciers et Outillage Peugeot.

 

 

 

 

 

 

Suite à l’abandon de la fabrication d’outillage à main en 1986 l’usine de Valentigney ferme en 1987.

 

2/ Usine de Terre Blanche (1833)

La construction de l’usine de Terre Blanche à Hérimoncourt est décidée en 1833 par la société Peugeot Frères Aînés afin d’augmenter les capacités de production métallurgique de la fabrique du Sous-Cratet (moulin possession de la famille Peugeot depuis 1793, transformé en fonderie d’acier et fabrique de scies en 1810).

Usine de Terre Blanche

Le site de Terre Blanche – 1881

 

Cette usine débute par la fabrication de grosses quincailleries et d’outillages, mais c’est aussi à Terre Blanche que les moulins à café seront fabriqués à partir de 1850.

En 1887 l’usine compte 900 ouvriers qui forgent annuellement 1 000 tonnes d’aciers, façonnent 500 m3 de bois, produisent 350 000 moulins à café et concasseurs à grains et 40 000 tondeuses à cheveux, barbes et pour la tonte de moutons et chevaux.

Usine de Terre Blanche

1881 – la maitrise de Terre Blanche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fabrication des premiers outillages électriques est lancée en 1931 avec un effectif avoisinant les 1 550 personnes.

En 1952 l’usine d’Hérimoncourt est regroupée avec celles de Valentigney et Pont-de-Roide au sein de la société Peugeot et Cie.  L’usine est par la suite rattachée à la filiale SEMAS et voit en 1962 son activité évoluer vers la rénovation de moteurs pour s’étendre en 1966 à la rénovation de boîtes de vitesses.

Dans les années 70 l’effectif est de 500 personnes pour la production de pièces automobiles, moteurs électriques auxiliaires (chauffage, ventilation…) et l’activité rénovation.

Usine de Terre Blanche

Terre Blanche – restaurant du personnel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1992 l’usine débute la fabrication de moteurs neufs de petites séries, en 1999 le site d’Hérimoncourt devient la société ‘Mécanique et environnement’ avec la mise en place de SECOIA ayant en charge la collecte de carcasses pour l’activité d’échange standard. En 2004 la société devient filiale du Groupe PSA Peugeot Citroën, l’usine sera classifiée en 2011 ‘site PSA Peugeot Citroën’.

Usine de Terre Blanche

Usine de Terre Blanche – Peugeot Outillage Electrique

 

 

 

La société POE (Peugeot Outillage Electrique) qui s’installe en 1981 sur le site d’Hérimoncourt pour la production de matériel électrique, devient FOE (Fabrication d’Outillage Electrique) en 1998 et voit la fin de son activité en 2001 entraînant la fermeture des bâtiments qu’elle occupait sur le site.

 

 

 

 

Centre d'archives de Terre Blanche

Centre d’archives de Terre Blanche – Hall d’accueil

 

 

 

En 2006 ces bâtiments seront repris pour devenir le Centre d’archives de Terre Blanche qui sera inauguré en 2010.

 

 

 

 

3/ Usine de Beaulieu (1853)

La société Peugeot Frères construit l’usine de Beaulieu entre 1853 et 1857 pour la fabrication de lames de scies, de buscs de corset et de ressorts.

Usine de Beaulieu

Usine de Beaulieu – photographie du personnel (1881)

En 1885 débute la fabrication de bicycles et tricycles. En 1890 le modèle Lion est produit à 7 000 exemplaires, il le sera à 20 000 en 1900 pour un effectif de 650 employés.

Usine de Beaulieu

Usine de Beaulieu – ouvriers sortant de l’usine à bicyclette (1889)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1905 commence la production de voiturettes Lion. En 1910 les activités bicyclette et automobile fusionnent pour créer la Société Anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot.

Usine de Beaulieu

Usine de Beaulieu – atelier de mise au point des ‘Lions Peugeot’ – Emile BARBIER (1913)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant la Grande Guerre l’usine se mobilise et produira 62 000 bicyclettes dont 32 000 modèles pliants, 1 100 motocycles et 1 500 voiturettes de l’armée avec un effectif de 3 000 personnes.

Usine de Beaulieu

Usine de Beaulieu – ateliers vélos ‘montage fini’ – Emile BARBIER (1910 – 1915)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1922 la production annuelle est de 80 000 bicyclettes et 9 600 voitures et l’usine emploie 1 800 personnes.

En 1926 se crée la société Cycles Peugeot dont l’usine de Beaulieu est le siège social, avec reprise de l’activité cycle et motocycle et l’arrêt de l’activité automobile. En 1929 les effectifs sont de 2 000 personnes pour une production de 162 000 bicyclettes et 15 000 motocycles, mais celle-ci décroît respectivement à 70 000 et 8 000 éléments dès 1932.

En 1935 l’usine se diversifie avec la production d’accessoires et pièces pour l’automobile.

Le scooter S55 est lancé en 1955, l’usine produit sur cette période 10 000 scooters, 100 000 bicyclettes, 82 000 vélomoteurs et 11 000 motocycles. En 1958 arrive la crise du deux-roues et l’usine relance la production de pièces pour l’automobile (lignes d’échappement, colonnes de direction, pare-chocs).

L’année 1987 est celle des grands changements avec la division de l’usine, dont la partie nord devient propriété de la société ECIA qui émane de la fusion de la société des Aciers et Outillage Peugeot avec l’activité pièces et équipement des Cycles Peugeot, et la partie sud de l’usine qui compose la nouvelle société Peugeot Motocycles. ECIA se spécialise dans les systèmes d’échappement pour l’automobile, tandis que Peugeot Motocycles produit des vélomoteurs, scooters et motocycles, alors que l’activité bicyclette est transférée dans l’usine de Romilly-sur-Seine.

 

4/ Usine Panhard et Levassor (1870 – 1967)

 En 1870 l’usine Panhard et Levassor s’installe à la Porte d’Ivry.

En 1889 les deux associés obtiennent le droit d’exploiter les brevets déposés par l’ingénieur allemand Gottlieb Daimler sur le moteur à pétrole. Sur cette base est fabriquée en 1891 à l’usine d’Ivry la première voiture à essence avec moteur à explosion. A la fin de cette même année débute la production en série de 30 véhicules, marquant la naissance de l’industrie automobile.

Usine Panhard et Levassor

Usine Panhard et Levassor – ouvriers au travail (1896 – 1908)

En 1905 jusqu’à 150 voitures par mois sortent des chaînes parisiennes. L’entreprise prospère jusqu’aux Trente Glorieuses, produisant des dizaines de milliers de véhicules et employant jusqu’à 6 000 personnes.

Usine Panhard et Levassor

Usine Panhard et Levassor – vue d’ateliers (1920)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lien entre cette usine et le Groupe PSA se fait via Citroën qui en 1965 absorbe la branche des voitures particulières de la société Panhard et Levassor dont la production est arrêtée en 1967. Le site industriel d’Ivry servira par la suite à la fabrication d’utilitaires dont les 2 CV fourgonnette, puis sera en grande partie détruit pour laisser place au quartier d’habitation des Olympiades.

  • Usine Panhard et Levassor
    Usine Panhard et Levassor - ouvrières au travail (1947 - 1960)

 

5/ Usine d’Audincourt (1897)

Armand Peugeot fonde en 1896 la Société Anonyme des Automobiles Peugeot, suite au désaccord qu’il a avec son cousin Eugène sur l’avenir de l’automobile.

Seules des ‘voitures automobiles’, c’est-à-dire munies d’un moteur et d’un siège de carrosserie, pourront être fabriquées par cette société afin de ne pas concurrencer la fabrication des bicyclettes et autres engins produits par les usines de son cousin.

L’usine d’Audincourt, baptisée « usine des autos », débute son activité le 12 avril 1897 avec la fabrication de 54 véhicules cette même année. Son activité augmente rapidement puisque ce sont 798 véhicules qui seront construits en 1899 et 1 000 en 1905.

De 125 ouvriers en 1897, les effectifs atteignent 1 000 personnes en 1910. Plusieurs cités ouvrières seront construites autour de l’usine pour loger ces ouvriers.

  • Usine d'Audincourt
    Usine d'Audincourt - ouvriers posant à la sortie de l'usine (1908 - 1909)

En 1910 la Société Anonyme des Automobiles Peugeot fusionne avec les Fils de Peugeot Frères, pour former la Société Anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot.

Usine d'Audincourt

Usine d’Audincourt – essai de moteur (1913)

Usine d'Audincourt

Usine d’Audincourt – atelier bain (1915)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1926 la Société Anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot cède sa branche cycles à la SA des Cycles Peugeot, pour faire de l’automobile le cœur de son activité.

L’usine d’Audincourt est alors vendue à la société les Fils de Peugeot Frères. A partir de 1930 elle se tourne vers la fabrication d’outillage à main (meules, vilebrequins,…), tout en continuant d’assembler des voitures jusqu’en 1931.

Après-guerre l’usine diversifie ses productions et fabrique, outre l’outillage, des pièces automobiles (charnières de portes, enjoliveurs…).  En 1952 elle est intégrée à la société Peugeot et Cie. Elle développe alors deux branches distinctes : le département automobile, producteur de gros profilés et de pièces pour l’automobile (pare-chocs, calandres…) et le département électrique, producteur d’appareils électroménagers (robots ménagers, moulins à café…).

En 1966 l’usine devient Aciers et Outillage Peugeot. Après la fusion en 1987 avec les Cycles Peugeot, l’usine est intégrée à la filiale ECIA (Equipements et Composants pour l’Industrie Automobile) contrôlée par le Groupe PSA. En 1997, suite à la fusion avec l’équipementier automobile Bertrand Faure, l’usine sous le nom de Faurecia fabrique des composants automobiles (tableaux de bord, panneaux de porte…) et travaille pour divers constructeurs automobiles.

 

6/ Usine de Fives-Lille (1898 – 1998)

C’est en 1898 que l’usine de Fives-Lille entre en activité avec 400 ouvriers. Les deux photos ci-dessous, datant de 1899, montrent des ouvriers de l’époque dans l’atelier de montage de châssis.

Usine de Fives-Lille

Usine de Fives-Lille – atelier de montage des châssis (1899)

Usine de Fives-Lille

Usine de Fives-Lille – atelier de mongage des châssis (1899)

A partir de 1928 l’usine se reconvertit dans la construction de moteurs diesel brevetés Peugeot sous licence Junkers, via la Compagnie Lilloise des Moteurs (CLM) puis la Compagnie Générale des Moteurs (CGM), puis en 1952 la Société Industrielle des Bois et Equipements de l’Est (SIBELLE), toutes filiales du Groupe PSA. En 1955 l’usine est intégrée à la filiale INDENOR pour la construction des premiers moteurs diesel 4 cylindres de 48 ch sous licence Ricardo.

Pendant la durée de son activité, l’usine de Lille produira des moteurs de tous types : automobiles, utilitaires, militaires, bateaux, tracteurs… comme illustré par la dernière photo datant des années 1970.

Usine de Fives-Lille

Usine de Fives-Lille – années 1964 – 978

 

 

 

En 1965 la filiale INDENOR intégrera la nouvelle société Automobiles Peugeot. En 1979 l’usine lancera le premier moteur Turbo pour PSA Peugeot-Citroën.

 

 

 

 

 

 

L’usine de Fives-Lille cessera son activité en 1998.

  

Cette première partie de notre dossier sur le personnel au travail au sein des différentes usines se termine là, mais nous vous donnons rendez-vous sur Linkedin, Twitter et Facebook pour suivre chaque mois la suite de l’épopée du Groupe PSA avec les usines dont la construction est postérieure à 1900.