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Les expéditions mal connues : la Croisière Blanche Chapitre 2

Publié le 11 février 2019

Chapitre 2 : Dans ce second volet consacré à la Croisière blanche nous allons vous faire revivre les aventures des protagonistes avec une question : un fiasco ?

Le convoi, composé de 32 personnes (dont la femme de Bedaux, une comtesse italienne et leur femme de chambre) et accompagné d’une soixantaine de chevaux, partit le 4 juillet 1934.

Croisière Blanche

Portrait de Clovis Balourdet mécanicien lors de la Croisière Jaune

 

 

Outre Bedaux, les dirigeants de l’expédition étaient Jack Bocock (géologue canadien, chef adjoint de l’expédition) et Clovis Balourdet (vétéran des autres croisières, seul français et personnel Citroën du convoi).

Les autochenilles transportaient quinze personnes, parmi lesquelles des guides, des géographes, des ingénieurs, des cinéastes… Les autres aventuriers voyageaient à cheval pour préparer la route aux autochenilles.

 

 

 

 

Toutefois, cette organisation n’empêcha pas au convoi de traverser de nombreuses péripéties sur le trajet de 950 kilomètres entre Edmonton et Fort Saint-John.

Il fallut dix jours d’efforts, contre la pluie, provoquant une boue particulière, appelée le « gumbo », compacte et collante. Contre ce problème, Clovis Balourdet mit au point pour les chenilles des racleurs contre la boue. Les trombes d’eau, et les moustiques stoppèrent le convoi plusieurs jours durant à Fort Saint-John. Passé ce point (à partir du 21 juillet), la progression devint très lente (16 km par jour au lieu d’une centaine en moyenne) : sans aucun repère, le parcours fourmillant de passages difficiles, il fallut abattre des arbres et jeter des ponts.

Les chevaux moururent un à un, l’humidité faisant pourrir leurs sabots. Plusieurs techniques devaient être mises au point pour faire avancer les véhicules, telle qu’une voiture en position élevée et sur terrain sec pour dégager les autochenilles en difficulté, des radeaux composés de troncs d’arbres et de boudins en caoutchouc gonflés d’air…

Ces dispositifs furent détruits par la force du courant, et la fragilité des berges des rivières causa la perte de trois autochenilles et de provisions.

Le 16 août, les dernières autochenilles ont été abandonnées, engluées dans la boue à 1100 kilomètres du point de départ. L’expédition ne put poursuivre sa route que grâce à de nouveaux chevaux, achetés dans les ranchs du nord canadien. Avant que l’hiver ne commence, le convoi dut se résoudre à faire demi-tour le 19 septembre à la Sifton Pass (en pleine montagne), et à redescendre par bateau les rivières, avant de terminer le trajet en train. L’arrivée eu lieu à Edmonton, le 24 octobre 1934, 4 mois après le départ de l’expédition.